| Résumé : |
Cet article discute l'apport de l'ethnopsychiatrie, en tant que démarche pluridisciplinaire, à la compréhension des phénomènes de délinquance. Après avoir brièvement rappelé le principe du complémentarisme tel que formalisé par Georges Devereux, le propos se consacre à une lecture critique d'un texte de l'auteur, publié en 1964 : « La délinquance sexuelle des jeunes filles dans une société «puritaine» ». En cohérence avec son cadre épistémologique, Devereux y développe successivement deux types d'analyse, sociologique et psychanalytique, qui devraient théoriquement rester distinctes et incommensurables. Pourtant, à rebours de sa méthode, le fondateur de l'ethnopsychiatrie tente de les articuler et énonce alors des propositions indécidables. Nul rapport ne donc saurait s'écrire entre logique sociale et logique subjective du symptôme « délinquance », du moins lorsque cette question se formule dans les termes du complémentarisme. |