| Résumé : |
Il s'agit ici de suivre le destin d'un silence, celui dans lequel, dès Être et temps, Heidegger fait basculer l'espace du corps pour ne le laisser réapparaître, près de quarante ans plus tard, que dans les Zollikoner Seminare. Le corps ne conquiert son autonomie que peu à peu, sans doute parce que celle-ci signerait le retour d'une âme et finalement d'une nature humaine définitivement congédiées. D'abord processus, Leiben plutôt que Leib, le corps est un apparaître ou plutôt un montrer. Montrer c'est entrer en rapport, pour dire l'absent. Mais dire comment ? Si Heidegger et Binswanger s'accordent sur le principe d'une intercorporéité, ils divergent sur la nature de la relation avec l'autre corps, un corps qui pourtant se donne à voir davantage que le mien. Tandis que chez Heidegger celle-ci ressortit d'une parole fondatrice - même chez l'aphasique - chez Binswanger - qui fait ici retour aux catégories de la phénoménologie husserlienne - elle relève de l'intentionnalité. |