| Résumé : |
Dès l'adolescence H. ressent son père comme malfaisant et persécuteur à son égard. Il développe progressivement un délire schizophrénique paranoïde de persécution dans lequel ce père occupe une place centrale. Peu à peu, il acquiert un tel sentiment de préjudice, de violation de sa personnalité, d'impuissance dans sa résistance désespérée au père ennemi, que la seule échappatoire lui semble être la fuite pour survivre. À dix huit ans, il décide de fuir la maison familiale et la France pour ne plus souffrir. Il se rend au Canada, puis aux États-Unis où il reste neuf ans sans que son délire ne s'apaise. Où qu'il aille, il ressent constamment la présence de son père dans sa tête : « il me commande, me critique à distance, me vole toutes mes pensées, dirige mes actes, m'enlève le pain de la bouche pour m'humilier et me tuer... ». Grâce à son mode de vie marginal, il maintient une adaptation relative, un équilibre précaire dans sa bulle existentielle où il ne tolère aucune effraction. Hélas, son délire de préjudice et de persécution, dont le noyau central a toujours été le père, s'étend à la société en général, acculant le sujet au passage à l'acte délictuel, dans une réaction d'autodéfense pathologique et irrépressible. |