| Résumé : |
Parler de la Libération avec une grande L, pour reprendre ici un bon mot de Jacques Lacan, c'est, pour certains de nous, parler d'une prime enfance. Ainsi ma mère, qui était une couturière habile, m'a fait naître à l'exacte césure des temps : au lendemain de la conférence de Potsdam qui découpait l'Europe en deux, et trois jours avant la bombe qui faisait entrer l'humanité dans une ère nouvelle, comme l'avait bien vu le philosophe Günther Anders, dans son livre Hiroshima est partout. En chaussant des bottes de sept lieues, on peut suivre les ricochets de cette génération privilégiée et intranquille. Et pour cela, la psychiatrie est un bon marqueur de civilisation. Nous allons avancer par des tranches d'une vingtaine d'années. |