| Résumé : |
Les efforts entrepris pour déstigmatiser la maladie mentale n'aboutissent pas toujours aux résultats escomptés et se révèlent parfois être des contre-performances. À quel point la loi no 2011-803 du 5 juillet 2011 contribue-t-elle à lutter contre la stigmatisation des patients atteints de troubles mentaux et du comportement ?ObjectifL'étude se fixe l'objectif de montrer la stigmatisation de la maladie mentale, même durant l'audience publique de plaidoirie de la procédure relative à la question prioritaire de constitutionnalité ayant conduit à la décision du Conseil constitutionnel no 2010-71 QPC du 26 novembre 2010 à l'origine de la promulgation dans l'urgence de la loi no 2011-803.MéthodeLes plaidoyers de l'avocat de la requérante et celui d'une association de conseil et de défense des présumées victimes de l'abus et de l'arbitraire en psychiatrie ont été étudiés, à partir de l'examen d'un enregistrement audiovisuel de l'audience.RésultatsMalgré leurs louables intentions d'améliorer les soins et les modalités de prise en charge des patients souffrant de troubles mentaux et du comportement, l'image de la psychiatrie véhiculée et les termes utilisés sont inappropriés, le personnel soignant est pris en aversion, l'ensemble conduit à une stigmatisation, une méconnaissance et une désinformation au sujet de la maladie mentale et un contre-exemple de lutte contre la discrimination à l'égard des malades mentaux.DiscussionLa proximité entretenue entre patients et détenus, le principe du contradictoire dans les procédures juridictionnelles, la notion de défense évoquent le concept de faute, la représentation de la maladie comme une faute à expier, d'où une triade : juge, prêtre, soignant. Une explication de cette promiscuité entre la psychiatrie telle que nous la connaissons aujourd'hui, la justice et la précarité, remonte loin. Malheureusement, nous en trouvons les preuves en des termes inappropriés, à l'articl |