| Résumé : |
Du fait de leur proximité avec les hypothèses étiologiques de vulnérabilité et de leurs corrélations avec le pronostic fonctionnel, les processus émotionnels ont émergé comme un champ d'exploration essentiel, aussi bien dans la schizophrénie que dans les troubles bipolaires. Par nécessité expérimentale, la notion vague d'émotion a pu être scindée en plusieurs dimensions. Ainsi, la faculté de percevoir et de décrypter les émotions a été distinguée du ressenti émotionnel éprouvé par le sujet et des modifications physiologiques concomitantes. Plusieurs travaux ont pu ainsi caractériser un profil assez similaire dans la schizophrénie et dans les troubles bipolaires associant un déficit de reconnaissance des émotions avec un ressenti conservé ou même augmenté dans ces pathologies. De manière assez étonnante, ce profil apparaît bien mieux documenté dans la schizophrénie. De surcroît, plusieurs études chez des sujets à haut risque et chez les apparentés sains permettent de considérer que certains de ces dysfonctionnements constitueraient des endophénotypes. Par ailleurs, des travaux récents en imagerie fonctionnelle ont pu mieux spécifier les circuits cérébraux sous-tendant ces processus de régulation émotionnelle, à la fois chez les sujets en phase aigüe et en phase de stabilisation. Enfin, certaines études ont également analysé ces processus neurofonctionnels chez les apparentés sains. |