| Résumé : |
Le tempérament a été défini comme le noyau biologique héritable de la personnalité, qui demeure stable au cours de la vie et établit le niveau basal de réactivité, d'humeur et d'énergie d'un individu. Si le lien entre tempérament et maladie mentale remonte à la médecine gréco-romaine, Kraepelin a été l'un des premiers auteurs à porter attention aux bases tempéramentales du trouble bipolaire. Il a proposé quatre types tempéramentaux qu'il a décrits dans l'histoire prémorbide de la majorité des patients maniaco-dépressifs, et trouvés surreprésentés chez les apparentés biologiques de ces patients. À partir de ces bases, Akiskal a formulé le concept moderne de tempérament affectif, et décrit cinq tempéraments : dépressif, hyperthymique, cyclothymique, irritable et anxieux. Selon le modèle d'Akiskal, il existe dans le trouble bipolaire, un continuum allant du tempérament aux épisodes thymiques constitués. Une série d'études récentes ont montré le rôle joué par les tempéraments dans l'émergence des épisodes bipolaires, leur présentation clinique, ainsi que l'évolution du trouble et ses comorbidités. En outre les études génétiques et familiales modernes ont pu confirmer les premières observations de Kraepelin. Il a été récemment proposé que les tempéraments puissent être porteurs de certains avantages dans une perspective évolutionniste, tant au niveau individuel que d'un groupe, de sorte que les troubles affectifs seraient des réservoirs génétiques pour des tempéraments adaptatifs et le prix à payer pour le risque de l'exceptionnalité. À côté de ces perspectives théoriques, porter attention aux composantes tempéramentales peut avoir des implications importantes pour le traitement du trouble bipolaire. Enfin des études récentes ont également confirmé que le concept de tempérament affectif remplissait les critères requis pour être considéré comme un endophénotype. |