| Résumé : |
Le travailleur social intervient dans une zone étrange et inconfortable. Il est à la fois là, avec son désir d'aider des sujets qui "dépassent les bornes", perdus, en difficulté et en souffrance, et ici, dans son désir d'incarner celui qui "fixe les limites". Ce désir trouvait ses racines dans un idéal éducatif et social, symbolisé par la figure du père. Mais le pèr est mort. L'autorité échoue à dire la loi. Ecartelé entre l'injonction toujours plus forte de traitement de la déviance d'une part et, d'autre part, le fait que "ça ne marche pas ", parce que le symptôme résiste et se répète, que les passages à l'acte se multiplient, le travailleur social est en première ligne. Démuni, désorienté, démobilisé face à ce "déclin social des imagos paternelles". Dans ce malaise profond que peut la psychanalyse ? A la condition expresse de ne pas se fondre dans la demande d'évaluation généralisée, en refusant de se faire "expertise pour troubles du comportement", la psychanalyse peut engager le travailleur social à orienter sa pratique à partir du Réel qu'il rencontre, et non des Idéaux qui pensait-il, le soutenaient... |