| Résumé : |
"la psychanalyse est-elle capable de répondre aux défis nouveaux que pose la transformation culturelle à laquelle nous assistons ? Le défi est très simple, il est de savoir si nous serons capables de préserver ce qui est la caractéristique de l'humanité, c'est-à-dire la possibilité de l'analyse, de la réflexion et du choix de ses conduites dans une mutation culturelle qui se présente comme très impérative quant aux comportements et laisse peu de place au choix et à la réflexion."Cette mutation culturelle, qui entraîne la mutation des rapports entre les sexes, implique de nouveaux symptômes : ce qui est guéri d'un côté se trouve en souffrance de l'autre côté. "La psychanalyse ne peut pas être une psychothérapie sociale ; elle ne peut pas apporter de remède à l'échelle sociale, ni en aucune manière se présenter comme guide des conduites sociales. Ceci étant, la psychanalyse a néanmoins une vertu dérangeante, une vertu "urticariante" - la philosophie jouait ce rôle autrefois dans l'Antiquité - une façon d'amener les gens à s'étonner un peu sur leur existence. Le psychanalyste qui intervient en public ne cherche ni à plaire ni séduire mais à dire frontalement ce que sont ses positions. Il est aujourd'hui l'un des rares à pouvoir maintenir une opposition qui ne soit pas seulement vélléitaire. Par exemple, il y des mouvements de résistance à la mondialisation, mais ce sont des mouvements vélléitaires qui n'ont pas de suport théorique susceptible d'amener, d'entretenir la réflexion, et de justifier pleinement l'opposition. Aujourd'hui, la psychanalyse est bizarrement la seule, au moment où on nous promet tous les bonheurs, tous les progrès, à dire "non, ça ne va pas"...Charles Melman |