| Résumé : |
Cet article retrace l'histoire de la notion de kakon et en examine les enjeux psychopathologiques, à partir des travaux de ses trois promoteurs essentiels. Elle émerge à la fin des années 1910, des études du neurologue Constantin von Monakow sur les caractéristiques biologiques et les effets libératoires des attaques hystériques et des crises psychotiques. Puis, cette notion trouve place dans la nouvelle ère de la dynamique, grâce à deux psychiatres français, Paul Guiraud et Jacques Lacan. Le premier l'importe, en 1931, dans le cadre de ses recherches sur les meutres immotivés. A partir de 1932, le second s'y réfère à quatre reprises, trouvant en elle un appui à son élaboration d'une logique de l'acte, selon laquelle le sujet, en frappant l'autre, cherche à atteindre son propre être (1946). Si la notion de kakon semble être, de nos jours tombée en désuétude dans le champ neurologique, en revanche, son actualisation éclaire d'un jour nouveau la clinique de l'acte, comme l'attestent plusieurs publications récentes. |