| Résumé : |
Dans une approche psychodynamique et anthropologique, l'auteur aborde, à partir de vignettes cliniques, certaines modalités de relations d'objet observées dans l'anorexie mentale. Elles sont prises en compte selon trois incidences relevant du domaine de l'intrapersonnel, de l'interpersonnel et de l'intraculturel. Du point de vue intrapersonnel, la lutte contre l'avidité orale sous-tendue par la destructivité originaire à l'égard de l'objet primaire semble être au cœur de la conflictualité intrapsychique et de la fantasmatique anorexique. L'incapacité à intégrer les sentiments ambivalents à l'égard de l'objet maternant est liée à la survivance d'un surmoi précoce et sadique du fait de fixation aux stades précoces du conflit ?dipien et de l'échec relatif de l'élaboration de la position dépressive. Cette faille dans l'élaboration de cette position développementale essentielle réactivée lors de l'adolescence renforce, dans une perspective kleinienne, le recours aux mécanismes de défense obsessionnel et maniaque qui demeurent insuffisamment efficients pour apaiser les angoisses de perte objectale et les angoisses paranoïdes sous-jacentes. Du point de vue de la relation d'objet interpersonnelle, l'accent est mis sur l'organisation en faux-self caractérisée par l'importance de la soumission au narcissisme de l'objet primaire au détriment de l'épanouissement du narcissisme du sujet. Les modalités de transaction parents-enfants vont dans le sens du verrouillage des sollicitudes affectives de l'enfant. Les gratifications orales et la régression qu'elles nécessitent sont mal tolérées tandis que l'on note une valorisation du conformisme social, de la performance, de l'ascétisme et un surinvestissement de l'image du corps comme lieu de maîtrise des affects et comme pivot identificatoire central. Enfin, du point de vue intraculturel de la relation d'objet, l'anorexie mentale est considérée comme un modèle d'inconduit |