| Résumé : |
L'adolescence correspond à la période de vie où la confrontation à la perte est vive, cruciale, particulièrement en fin d'adolescence, quand s'imposent les changements d'identité, d'idéaux, d'images de soi et de référents identificatoires, quand il faut consentir à finir l'adolescence sans s'anéantir. Nous présentons le cas de six adolescents ayant entre 17 et 19ans, rencontrés pour des motifs de consultation différents (adolescents décompensés/adolescents placés) ayant satisfait à un protocole de TAT. La fin de l'adolescence signe l'élaboration de la position dépressive, dont la problématique est réactivée lors de la présentation des planches du TAT. Suivant l'inscription signifiante des événements de vie (séparation, ruptures, décompensations...), la capacité narrative de certains adolescents sera entravée, inhibée. L'analyse des récits au TAT atteste les modalités de traitement psychique de la perte ou de tout autre événement traumatisant. En effet, les procédés d'élaboration discursive (formels et thématiques) sont les reflets de l'efficacité ou des défaillances des mécanismes de défense et de dégagement, de régulation de la résonance intime et d'aménagements des relations face à la représentation de la perte et de l'effondrement, précisément à la planche 3 BM ici mise en exergue. Cette planche nous semble favoriser la lecture des ressources psychiques sollicitées pour sublimer ou à défaut pour canaliser, contrôler l'angoisse de perte et la menace d'effondrement, fortement présentes chez certains adolescents au parcours de vie émaillé d'événements dont la charge traumatique n'a pu être encore dépassée. |