| Résumé : |
La question traumatique est au centre des nouveaux défis de la psychopathologie. Notre contribution de psychose post-traumatique s'inscrit dans cette perspective en références aux sémiologies des traumatismes issus de situations extrêmes comme les victimes du World Trade Center de New York (2001) ou les prises d'otages en Ossétie du nord (2004). Quatre thématiques principales conduisent à la proposition de psychose traumatique alors que la personne présente une structure psychique névrotique. (1) Il n'y a aucune inscription psychique de l'événement traumatique. La sidération confuso stuporeuse ou la fuite panique accompagnée d'hallucinations ou bouffées délirantes aiguës illustrent ce premier aspect clinique. (2) les processus psychiques ignorent le principe plaisir/déplaisir. Ils sont régis par la compulsion de répétition et les hémorragies d'affect de douleur. (3) Le paradigme de la névrose et du conflit psychique ne sont pas opératoires pour gérer les quanta d'affect et l'emprise pulsionnelle. (4) L'éclosion de délires transitoires, de conduites autovulnérantes et d'autolyse complète le tableau clinique. Le référentiel DSM-IV est insuffisant pour valider les enjeux post-traumatiques sévères. Cinq classes syndromiques étayent l'argumentation psychopathologique. (1) la sémiologie est celle d'épisodes délirants transitoires (idées et perceptions délirantes à thématiques persécutoires, cénesthésiques ou hypocondriaques), des confusions mentales (confuso oniroïdes, anxieuses ou stuporeuses), des phases de déréalisation et dépersonnalisation, des vécus agoniques, des troubles graves de l'unité corporelle, des clivages proches des dédoublements de type schizophrénique. (2) L'adhésivité traumatique souligne l'impossibilité de distanciation des victimes avec le traumatisme. Les objets sont agglutinés, persécuteurs et adhésifs. (3) La temporalité traumatique impose une omniprésence factuelle et actuelle du tra |