| Résumé : |
La notion de monstre appartient en premier lieu à l'étude du vivant. Elle permet de suivre les péripéties de construction d'une science du vivant. Mais cette notion possède également une acception morale. La thématique de « l'informe » permet de faire le lien entre les deux : défaut de la forme biologique, le monstre est inclassable; si la « forme » humaine est le produit de l'éducation, où passe la frontière entre le monstre et le normal? La question du monstre physiologique a permis de justifier le passage d'une conception fixiste à une conception évolutionniste du vivant: la science est capable de proposer une théorie du monstre. Le monstre moral soulève pour sa part le problème de la différence anthropologique, qui elle-même ne peut être pensée en toute rigueur du fait que celui qui l'instaure renvoie du côté de l'informe et de l'impensable ce qui est à informer pour l'avènement de l'humain. |