| Résumé : |
Dans un ouvrage récent (2004), M. Bertrand souligne, en privilégiant l'approche psychodynamique, combien la question traumatique est au centre des nouveaux défis cliniques, méthodologiques et épistémologiques de la psychopathologie. Notre contribution de « psychose post-traumatique» s'inscrit dans cette perspective, en référence aux sémiologies des traumatismes issus de situations extrêmes comme les victimes du tsunami en Asie du Sud (décembre2004), des attentats de Madrid (mars 2004) ou les prises d'otages en Ossétie du nord (septembre 2004). Quatre grandes thématiques principales nous conduisent à la proposition de psychose traumatique alors que la personne présente une structure psychique névrotique : 1. il n'y a aucune représentation traumatique et pas d'inscription psychique de l'événement, la sidération (et sa sémiologie confuso-stuporeuse) ou la fuite panique (accompagnée d'hallucinations ou de bouffées délirantes aiguës) illustre souvent ce premier aspect clinique ; 2. les processus psychiques ignorent, dans le référentiel psychodynamique, le principe plaisir/déplaisir, ils sont régis par la compulsion de répétition et l'«envahissement » d'affect de douleur ; 3. le modèle de la névrose et du conflit psychique ne sont pas opératoires pour gérer, sur le plan économique, les « quanta d'affect » et l'emprise pulsionnelle ; 4. il serait nécessaire d'ajouter, d'un point de vue psychopathologique, l'éclosion de délires transitoires, des conduites auto-vulnérantes et des comportements d'autolyse. Le référentiel d'une psychopathologie «descriptive» de type DSM IV (Acute Stress Disorder par exemple) nous paraît insuffisant pour rendre compte des enjeux post-traumatiques à l'?uvre. Si s'attacher à la sédation des symptômes est important, on ne peut ignorer les désorganisations psychiques qui génèrent une sémiologie que l'on rencontre essentiellement dans la symptomatologie des psychoses. Une première appro |