| Résumé : |
Notre propos se base sur l'hypothèse Freudienne selon laquelle le refoulement est un défaut de traduction. Appliqué à l'usage des langues des personnes bilingues, la langue d'accueil (langue seconde), parce que moins chargée de refoulements affectifs, peut devenir soit source de difficultés de langage liées à certains mécanismes de défense, ou bien, dans le meilleur des cas, peut devenir, grâce à un contournement du refoulement, une voie privilégiée d'accès à un potentiel jusque là refoulé dans et par la langue maternelle . L'examen des relations complexes et conflictuelles entretenues par des écrivains tels que J. Green, V. Nabokov et S. Beckett avec leur langue maternelle, sert ici à montrer combien le contournement du refoulé lié à la langue maternelle peut devenir un vecteur de création. Dans la psychopathologie clinique interculturelle, cette opération de traduction n'est pas toujours aussi libératrice. Au contraire, les mécanismes de défense augmentent face à la possibilité d'une levée intempestive du refoulement. |