| Résumé : |
La catégorie des suicides homicides est née, en 1821, dans le cadre de la réforme nosographique, initiée par Esquirol, en 1819. Lorsqu'un siècle plus tard, elle fait l'objet de nouvelles investigations, ce sont les motivations altruistes des auteurs de ces passages à l'acte, qui sont mises en avant. La dénomination d'homicide altruiste s'impose, alors, dans la littérature. Or, cette nouvelle dénomination apparaît paradoxale au regard de la monstruosité des faits. Ce n'est pas l'altruisme, qui commande les sujets qui commettent ces homicides, mais une logique que cet article va tenter d'éclairer, grâce à l'examen de deux cas cliniques, l'un, d'infanticide et l'autre, d'une tentative d'infanticide altruistes. Il montre que la logique, qui préside à ces actes, est impensable sans la prise en compte de la position subjective de leur auteur, confronté au réel d'une séparation impossible. Elle implique une absence radicale d'altérité pour ces sujets. Aussi, il serait plus approprié de qualifier ces actes d'homicides dits altruistes. |