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| Titre : |
Obésité comme compensation dans la psychose : image du corps et regard, une approche lacanienne |
| Type de document : |
texte imprimé |
| Auteurs : |
Angelo Márcio Valle (da) Costa, Auteur ; Mickaël Peoc' h, Auteur ; Charlotte Tazartez, Auteur |
| Année de publication : |
2026 |
| Article en page(s) : |
pp.575-586 |
| Langues : |
Français (fre) |
| Mots-clés : |
Obésité Image du corps Regard Psychose ordinaire Chirurgie bariatrique |
| Résumé : |
Objectif
Cet article propose une lecture psychanalytique de l’obésité à partir de la logique de l’image du corps. Il vise à montrer que l’obésité ne peut être réduite à un trouble somatique ou comportemental, mais qu’elle peut, dans certaines configurations cliniques, constituer une réponse imaginaire par laquelle le sujet tente de se soutenir d’un corps. L’objectif est également d’interroger les impasses thérapeutiques, notamment dans le recours à la chirurgie bariatrique, lorsque la fonction subjective du corps obèse n’est pas prise en compte.
Méthode
La méthode repose sur une élaboration théorico-clinique articulant les concepts fondamentaux de la psychanalyse freudienne et lacanienne relatifs au corps, au narcissisme, au regard et à la jouissance. Cette approche est mise en perspective avec des travaux contemporains sur la psychose ordinaire, la dysmorphophobie et les pathologies de l’excès. Une vignette clinique, construite à partir de l’expérience professionnelle de l’auteur dans un programme multiprofessionnel de prise en charge de l’obésité au Brésil, illustre les hypothèses développées.
Résultats
L’analyse montre que l’obésité engage non seulement la pulsion orale, mais aussi de manière centrale la logique de l’image du corps et du regard de l’Autre. Dans certaines configurations, l’obésité fonctionne comme une compensation imaginaire permettant de localiser le regard, de lutter contre l’angoisse de morcellement et de conférer au sujet une consistance corporelle minimale. Lorsque cette fonction est méconnue, la transformation rapide du corps, induite par la chirurgie bariatrique, peut entraîner des déplacements symptomatiques ou des décompensations psychiques.
Discussion
Ces résultats invitent à considérer l’obésité comme une solution subjective fragile plutôt que comme un simple excès pondéral. La chirurgie bariatrique peut alors devenir un facteur de déstabilisation en venant défaire un montage imaginaire déjà précaire.
Conclusion
La prise en compte de la fonction subjective de l’obésité apparaît essentielle pour affiner l’évaluation des indications chirurgicales et accompagner les remaniements de l’image du corps, dans une perspective clinique respectueuse de la singularité du sujet. |
| Permalink : |
https://ch-poitiers.fr/opac_css/index.php?lvl=notice_display&id=124318 |
in L'évolution psychiatrique > n°3 (Septembre 2026 Vol. 91) . - pp.575-586
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