[article]
| Titre : |
Variétés de la croyance : religion, science, inconscient |
| Type de document : |
texte imprimé |
| Auteurs : |
Marie Poulain-Berhault, Auteur |
| Année de publication : |
2026 |
| Article en page(s) : |
pp.481-490 |
| Langues : |
Français (fre) |
| Mots-clés : |
Conviction Croyance Fesch Jacques Neuroscience Neurothéologie Religion |
| Résumé : |
Objectif
Cet article s’intéresse au phénomène de la croyance religieuse. Il veut éclairer l’épistémologie de la croyance du XX e siècle à aujourd’hui. De la croyance religieuse à la croyance en la science dans l’époque actuelle notamment par l’évolution des imageries, la croyance peut aussi concerner un sujet dans son utilité psychique.
Méthode
Après avoir relevé différentes expériences neurocognitives de la croyance et en retenir quelques indications, nous reprenons l’hypothèse de la fonction de la croyance religieuse dans l’économie psychique. Un lien entre la fragilité du symbolique dans la psychose, le repérage de la position mélancolique et la nécessité psychique d’une croyance à valeur de conviction, donc délirante, est éclairé ; la lecture de la correspondance de Jacques Fesch tente de préciser l’hypothèse dépliée.
Résultats
L’imagerie permet de repérer l’activation de certaines zones cérébrales lors de moment de prières ; elle permet de diagnostiquer la psychose post-ictale. L’imagerie et le repérage de certaines activations cérébrales ne peuvent éclairer la fonction de la croyance pour un sujet. Nous avançons que la croyance religieuse du côté de la conviction constitue un appui psychique suffisamment solide pour Jacques Fesch qui est appelé à répondre à un moment de son existence. La croyance religieuse comme boussole est une façon singulière pour certains sujets d’orienter leur existence là où des repères ne sont pas solidement subjectivés.
Discussion
Si la croyance permet de supporter l’existence, le sujet peut néanmoins ressentir la fragilité de sa position par une angoisse massive. Pour y parer, Jacques Fesch trouve à consolider son délire dans une position mégalomaniaque, sacrificielle, où Dieu l’accueillera comme un élu.
Conclusion
Le sujet religieux se confie à Dieu, tandis que le sujet de la science croit aux lois du cerveau. Dans ces deux cas, le sujet ne se fait pas responsable de sa cause, ce qui est parfois nécessaire, comme le démontre la logique délirante de Jacques Fesch. Dans la pratique, la croyance peut donc être accueillie comme une solution, une conviction pour un sujet égaré qui témoigne d’un malaise subjectif ou comme une construction qui témoigne d’un ne pas vouloir savoir ce qui cause inconsciemment la souffrance. Le praticien orientera son acte en fonction de la position subjective du sujet. |
| Permalink : |
https://ch-poitiers.fr/opac_css/index.php?lvl=notice_display&id=124310 |
in L'évolution psychiatrique > n°3 (Septembre 2026 Vol. 91) . - pp.481-490
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