| Résumé : |
Présenter une expérience clinique institutionnelle menée sur huit années dans un service de pédopsychiatrie : l’organisation annuelle d’une fête du court-métrage comme dispositif thérapeutique à médiation cinématographique en grand groupe. Cette médiation, s’appuyant sur des œuvres artistiques cinématographiques, rassemblait des enfants ou des adolescents (avec leurs soignants) de différentes unités de soin, présentant des profils psychopathologiques hétérogènes (autismes, psychoses, troubles limites, inhibitions, troubles du développement, dépressions). Ce dispositif, conjuguant les dimensions culturelle, artistique et thérapeutique, a offert un espace intermédiaire entre l’institution psychiatrique et la cité. Progressivement structuré sur huit années, il s’est constitué en véritable dispositif clinique, en articulant grand groupe et sous-groupes et en favorisant des processus de symbolisation spécifiques. Cette expérience questionne la temporalité nécessaire à l’inscription durable d’un dispositif dans le tissu institutionnel et illustre comment les médiations thérapeutiques en grand groupe peuvent constituer des espaces de rencontre créatifs et fertiles sur le plan clinique, tant pour les patients que pour les soignants. Dans un contexte institutionnel souvent marqué par le morcellement et la déliaison, ce dispositif a permis de créer un lieu où patients, soignants et leurs institutions pouvaient se rencontrer autrement, mobilisant des processus de symbolisation à plusieurs niveaux. |