| Résumé : |
De nombreux sociologues et/ou praticiens du social évoquent la notion de « culture du domicile », soit pour s'en désoler soit pour s'en féliciter. Sont souvent associées à l'émergence de cette « culture » des transformations affectant le corps social telles que l'essor des valeurs d'individualisme et d'autonomie, l'apparition de nouvelles configurations familiales, la redéfinition des frontières entre sphère intime/domaine privé/espaces publics, l'évolution des solidarités intergénérationnelles. Cet article explore les différentes manifestations de cette « culture du domicile » dans les registres de la pensée et de l'action, comme conception idéalisée de la vie chez soi. En s'opposant à des tendances dominantes de la société - massification, anonymat, individualisme forcené, « technicisation » de la vie quotidienne - cette culture nous confronte à deux questions éthiques : le respect pour chaque personne de ses choix de vie, la reconnaissance de la vulnérabilité comme élément consubstantiel de notre humanité. |