| Résumé : |
La personne qui occupe la fonction dite psychothérapique, sortie de toute idéologie religieuse, capable de louvoyer entre traitement moral et catharsis, qui n'oublie pas son antique mission émancipatrice, qui refuse d'occuper la place du Grand Autre, qui n'accepte pas que les patients prennent des vessies pour des lanternes, qui ne voue pas, par principe, la socialité, à laquelle elle participe, aux gémonies, qui apprécie le souci de chacun d'écrire son destin, qui évalue les avancées biologiques et accepte certes le génome mais limé par le monde, qui connaît le poids de l'affect, non-dupe des illusoires brillances du moi et de la mass-médiatisation, qui ne recule ni devant le négatif de l'humain, la dissymétrie de la relation soignante, ni devant la psychose de plus en plus convaincue que s'y trouve sa propre vérité, eh bien, cette personne, inscrite dans un procès historique, porteuse, qu'elle le sache ou pas, d'un certain degré de civilisation, s'appelle un psychiatre. |