| Résumé : |
Le trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) est l’un des troubles neurodéveloppementaux (TND) les plus répandus. La sensibilisation accrue de la population générale aux TND, associée à une augmentation globale des besoins en soins psychiatriques depuis la crise du COVID-19, a exercé une pression considérable sur le système français de santé mentale ces dernières années. C’est particulièrement vrai pour les médecins libéraux, notamment les psychiatres, les neurologues et les pédiatres, qui sont les seuls spécialistes en France autorisés à initier le méthylphénidate, le traitement de première intention du TDAH chez l’adulte. Ces professionnels sont confrontés à un défi de taille : 50 % des psychiatres privés français sont âgés de 60 ans ou plus, et ils doivent répondre à une demande croissante de soins psychiatriques. En outre, il existe une demande croissante de la part d’individus plus jeunes qui cherchent à obtenir un diagnostic de trouble déficitaire de l’attention, souvent en s’auto-diagnostiquant en ligne sur les médias sociaux. Par ailleurs, le diagnostic de trouble déficitaire de l’attention n’était pas largement enseigné dans les universités de médecine françaises jusqu’à récemment, ce qui fait qu’il y a moins de professionnels qualifiés pour répondre à la demande. En raison de cette pénurie de praticiens, de nombreuses personnes cherchent à obtenir un diagnostic de DDN auprès de psychologues. Cependant, en France, les psychologues ne sont pas considérés comme des professionnels de la santé et la plupart d’entre eux ne sont pas formés au diagnostic du trouble déficitaire de l’attention. Néanmoins, un « business du TDAH » est apparu, avec un nombre croissant de tests neuropsychologiques et d’autres « formations » proposées. C’est regrettable, car le diagnostic du TDAH est avant tout clinique et, dans la plupart des cas, en particulier chez les adultes, ne nécessite pas de tests neuropsychologiques. Cela dit, les psychologues peuvent jouer un rôle important dans la prise en charge du TDAH, notamment par la psychoéducation ou les thérapies cognitivo-comportementales et, dans certains cas non comorbides, par le prédiagnostic. Nous pensons que des équipes de psychologues et de psychiatres formés aux TND pourraient représenter un moyen efficace d’augmenter le nombre de patients diagnostiqués et traités pour le TDAH. Compte tenu de la pénurie de psychiatres, nous recommandons également un accès plus large à l’autorisation d’initier le méthylphénidate. Les médecins spécialisés dans la médecine des addictions, s’ils sont formés aux TND et s’ils travaillent aux côtés de psychiatres, devraient être autorisés à prescrire du méthylphénidate. Enfin, la formation est primordiale et la priorité doit être donnée à l’élargissement de l’offre de programmes de formation. |