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| Titre : |
Construire, déconstruire, reconstruire les souvenirs : l’inlassable tâche du patient en psychothérapie, l’indéfectible engagement du thérapeute ? À propos de quelques particularités dans l’accompagnement psychothérapique des enfants et des adolescents |
| Auteurs : |
MILLE Christian, Auteur ; BRAUN Marc, Auteur |
| Année de publication : |
2025 |
| Article en page(s) : |
18-28 |
| Note générale : |
46 Ref. Bibliogr. |
| Langues : |
Français (fre) |
| Mots-clés : |
PSYCHANALYSE TRAUMATISME PSYCHIQUE MEMOIRE PSYCHOTHERAPIE ADOLESCENT ENFANT |
| Résumé : |
Mettre et remettre les souvenirs sur le métier, dans l’espoir de résoudre l’énigme du l’expression symptomatique d’une souffrance enfouie, constitue bien la réponse plus ou moins zélée du patient névrosé à l’attente implicite du psychanalyste. Le chapelet des souvenirs écrans vient ainsi s’égrener dans un champ d’attraction transférentiel, et fournit le matériau propre à édifier des ébauches successives de 'biographie explicative'. Les souvenirs traumatiques les plus présents à la mémoire du patient ne tiennent souvent leur charge affective et émotionnelle que d’un effet d’après-coup et incitent à ouvrir d’autres voies de recherche régrédiente dans un passé plus ancien. Force est pourtant de constater que le thérapeute ne saurait avoir accès à de 'purs souvenirs' et qu’au fil du temps n’affleurent que des souvenirs 'pivots' autour desquels se tissent et se confortent les fantasmes. Or on connaît l’obstination dont Freud a continué de faire preuve, même après la révision de sa 'neurotica', pour 'découvrir les sources du Nil', c’est-à-dire accéder aux souvenirs les plus anciens : il est resté attaché à sa conception première selon laquelle les fantasmes ne sauraient émerger qu’à partir d’un antérieurement vécu. Les 'constructions' du psychanalyste, échafaudées à partir de ses bases théoriques ont alors pour fonction de combler les lacunes de la mémoire et dans les cas favorables ont pour effet de relancer les associations du patient et faciliter l’émergence de souvenirs encore plus profondément enfouis. Elles sont aussi supposées constituer des hypothèses plausibles propres à reconstituer les traces d’un passé hors mémoire. Les souvenirs contribuent par ailleurs à forger le sentiment d’identité, viennent s’inscrire dans le 'compromis identificatoire' de chacun. En conséquence, le rôle du psychothérapeute pourrait être de soutenir le travail du 'je historien' que son patient tente d’effectuer en prenant en compte les récits de son entourage, les moments marquants de sa trajectoire et le souci de sa propre image. Il lui revient de l’aider à se détacher des versions officielles l’assignant à une place indiscutée dans la succession des générations ou la dynamique familiale. Dans cette perspective le travail psychothérapique cherche à valoriser les souvenirs qui ouvrent d’autres horizons, mais peut se heurter à des obstacles difficiles à vaincre. L’enfant en psychothérapie se préoccupe peu de revenir sur le passé, ce qui ne l’empêche pas de se montrer sensible au fait que son thérapeute puisse faire allusion au contenu de séances antérieures, ou lui rappeler ce dont il a pu être question au début de leur rencontre. La position de l’adolescent est foncièrement différente, il lui arrive certes de mal supporter qu’on pointe chez lui le rôle persistant de l’infantile alors qu’il tente de se faire reconnaître dans son identité adolescente. Il peut cependant retrouver le plaisir de raconter, de se raconter, au fil des suggestions de formulation ou de reformulation du thérapeute. Les cas de figure sont naturellement très différents d’un adolescent à l’autre en fonction de l’organisation psychopathologique sous-jacente. Certains adolescents semblent ne disposer d’aucun souvenir ou avoir fait du passé 'table rase', d’autres paraissent prisonniers d’un accrochage nostalgique à une enfance merveilleuse, ou rivés à un passé douloureux à jamais accablant. Ainsi le thérapeute aura selon les circonstances à assumer un rôle de prospecteur, d’archiviste, de réinterprète, d’historien, voire d’embrayeur d’histoire.[résumé d'auteurs] |
| En ligne : |
https://doi.org/10.1016/j.neurenf.2024.10.002 |
| Permalink : |
https://ch-poitiers.fr/opac_css/index.php?lvl=notice_display&id=121903 |
in Neuropsychiatrie de l'enfance et de l'adolescence > n°1 (Janvier 2025 - Vol. 73) . - 18-28
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