| Résumé : |
Les mères célibataires représentent environ un quart des familles monoparentales françaises. Parmi celles-ci, les jeunes mères hébergées dans des centres maternels constituent une population à haut risque. Prenant appui sur deux recherches de terrain menées auprès de cette population, ainsi que sur notre expérience de prise en charge en psychothérapie conjointe de ces jeunes mères et leur bébé, nous proposons dans cet article une réflexion à propos du travail complexe réalisé par les centres maternels. Il émerge que le centre maternel, en tant qu'institution, est convié à jouer, d'une part, une fonction maternelle, de contenant, de pare-excitation et de protection à l'égard de la mère en devenir et de son bébé. C'est dans ce cadre protégé et aux repères stables que la mère pourra mettre en jeu ses compétences pour élever son enfant et pour établir avec lui un lien affectif. Il devra aussi intervenir en tant que « père », médiateur de la relation mère-enfant et, pour se faire, interpeller autant que possible le père de l'enfant lui-même. Dans cette 'fonction paternelle', l'institution devra projeter la mère et l'enfant vers l'extérieur, en les (ré)inscrivant dans un réseau social et affectif et, en leur permettant d'échapper ainsi aux risques de rechute dans l'isolement ou de répétition des carences multiples vécues par la (les) génération(s) précédente(s). |