| Résumé : |
La mélancolie a longtemps été le paradigme de l'accès dépressif sévère en raison de l'intensité des symptômes, du risque suicidaire et de la présence d'idées délirantes congruentes à l'humeur. Elle était définie comme d'étiologie "endogène" car "non compréhensible" et seulement accessible au plan thérapeutique aux méthodes biologiques. La mélancolie était opposée aux "dépressions non endogènes" dont le modèle était la dépression névrotique, "compréhensible" et relevant de la seule psychothérapie. Depuis les années 1980, l'approche de la dépression est unique, fondée sur les critères diagnostiques descriptifs définissant les catégories nosologiques, dépourvues de tout présupposé étiologique. L'état dépressif "majeur" caractérisé est la référence. Les caractéristiques mélancoliques en désignent une spécification complémentaire. La mélancolie reste une réalité clinique, avec un tableau symptomatique qui reste bien défini et conforme à la description classique. La notion de dépression sévère s'est imposée en pratique, évoquant certes une intensité et une dimension singulière des symptômes, associés ou non à des caractéristiques psychotiques mais surtout des modalités d'évolution dominées par la récurrences et la chronicité, conséquence de la résistance au traitement. La dépression bipolaire se caractérise par des indices de gravité et de sévérité tels que le risque suicidaire et les potentiels délétères des traitements antidépresseurs sur la maladie. Les comorbidités addictives et principalement à l'alcool, les comorbidités somatiques sont des facteurs aggravant. La dépression sévère pose la question de ses déterminants étiopathogéniques et de sa manière dont ils interagissent, comme préalable nécessaire à une réponse thérapeutique adaptée. |