| Résumé : |
De plus en plus de professionnels du peuple "psy" reçoivent des hommes, des femmes et des enfants qui sont porteurs de violentes cassures dans leur histoire, en raison de violences politiques qui se sont exercées sur eux ou dans leur environnement propre. Ces réfugiés, qu'accablent de nombreux traumas, ne sont plus réductibles à des étrangers porteurs d'une culture atemporelle et exotiquement différente de celle que nous croyons être la nôtre. Aujourd'hui, ce sont des sujets marqués par les destructions du lien, de la communauté, de la cité, qui cherchent un abri psychique et tentent, pour cela, de se faire reconnaître, et comme sujet de leur histoire, et comme sujet de l'Histoire. Ce n'est plus alors leur supposée culture d'origine qui est en effraction par les modernités éparses, mais le sol sur lequel s'appuie leur humaine condition qui s'effondre. D'où, pour les entendre et par eux se laisser aussi enseigner, le recours à une anthropologie clinique globale qui prend en compte les processus d'humanisation et de déshumanisation et non à une psychologie ethnique qui s'illusionne le plus souvent sur les enveloppes culturelles, les identités, les personnalités dites "de base". |