| Résumé : |
Le temps de la psychose a souvent été associé à un temps figé. Or il semblerait que le temps de la psychose, bien qu'il n'obéisse pas au temps commun, s'inscrive dans un temps qui lui est propre. Les auteurs proposent d'éclairer cette perspective à l'aide d'une distinction entre temporalité sociale et temporalité mythique. La temporalité sociale organiserait le temps linéaire et mesuré qui régit la vie en société, alors que la temporalité mythique caractérisait le temps qui structure les mythes. en se fondant sur les études anthropologiques concernant le temps mythique, la question suivante est posée, notamment : que pourrait nous apprendre la temporalité mythique sur la temporalité psychotique? A l'appui d'une distinction conceptuelle entre temporalité sociale et temporalité mythique, se développe l'hypothèse selon laquelle la psychose serait structurée par une temporalité mythique, aux antipodes de la temporalité sociale. Etayée sur une méthodologie qualitive avec des études de cas, le développement proposé argumente en faveur de cette hypothèse, en la prolongeant. Il y aurait ainsi deux modalités opposées de la temporalité mythique maudite. La structuration temporelle du délire psychotique releverait de la temmporalité mythique sacrée, dans une tentative de lutte contre cette temporalité maudite. Ce constat laisse envisager des perspectives thérapeutiques orientées vers la psychose, fondées sur la temporalisation de la relation entre clinicien et patient psychotique. |