| Résumé : |
Prêtres et aliénistes ont-ils été uniquement concurrents dans le cadre de l'asile du XiXè siècle ? Sur le même terrain d'un traitement moral, largement hérité de la tradition chrétienne, ces deux figures de directeurs de conscience ont souvent travaillé ensemble. Une fois passée, la génération de fondateurs, plutôt méfiante envers les pratiques religieuses, de nombreux aliénistes, dont la carrière se déroule sous le Second Empire, recourent plus facilement aux pratiques religieuses, soit par conviction, soit par pragmatisme. La construction de la profession d'aliéniste ne peut se réssumer, en la matière, à une sécularisation et à une laïcisation uniformes et linéaires. A partir de la reconstruction d'une "scène" du pouvoir psychiatrique, celle de la bénédiction de la chapelle de l'asile de Quatre-Mares près de Rouen, on peut percevoir que, ce qui se joue ce n'est seulement la "coopération active" entre les deux hommes, permettant un redéploiement des pratiques religieuses dans l'institution. Ce qui est mis en scène, c'est aussi une emprise grandissante du médical sur le religieux qui conforte pour le "psy" à la fin du XIXè siècle son statut de nouveau directeur des âmes. |