| Résumé : |
Par-delà les frontières et les cultures, l'instabilité de l'enfant apparaît comme une figure centrale de la demande de prise en charge pédopsychiatrique. La plainte d'hyperactivité s'avère être un modèle paradigmatique dans les différents rapports qu'elle entretient avec les modèles théoriques, le côté social, et, bien entendu, thérapeutique. Elle nécessite, pour pouvoir appréhender nombre de situations, une pensée intégrative. Jusqu'ici il y a très peu de temps, le trouble déficitaire de l'attention avec hyperactivité était considéré comme un trouble de l'enfance et peu de praticiens s'étaient intéressés à leur devenir à l'adolescence ou à l'âge adulte. Au travers de deux situations cliniques, nous allons explorer les conséquences à l'adolescence d'un trouble d'hyperactivité avec déficit de l'attention non diagnostiqué et non traité dans l'enfance. Les conséquences au niveau psychique en termes de dépressivité, de mauvaise estime de soi, d'angoisses, de troubles de la personnalité, de conduites délinquantes ou d'assuétudes peuvent être importantes. Les retombées relationnelles, sociales, scolaires et familiales peuvent être lourdes. Il importe de pouvoir garder présent , lors de l'évaluation d'un adolescent en souffrance, le questionnement relatif au passé psychopathologique de son enfance. Il importe, et c'est notre démarche de clinicien classique, de repérer la singularité du sujet, de s'interroger sur son fonctionnement psychique, d'appréhender son histoire personnelle et familiale, de recherche le sens de son symptôme. Mais il importe aussi de dépasser les conflits idéologiques ou culturels autour de l'hyperactivité pour pouvoir penser uen approche thérapeutique multidimensionnelle, entre versant psycho- ou neurodéveloppemental. |