| Résumé : |
Le roman d'Andreï Bitov, "la Maison Pouchkine", qui figure parmi les romans russes les plus importants du XXè siècle, nous offre un protrait psychosocial de l'Intelligentsia Russe sous le régime comuniste totalitaire. Celui-ci s'attaque à l'Intelligentsia non seulement par l'extermination mais aussi en étoufffant tout esprit critique. Bitov dépeint une société où les relations d'un sujet à l'histoire de son pays, à la tradition littéraire et même à ce qui lui a été transmis dans sa propre famille sont massivement faussés. La mémoire et le langage perdent leur sens sous la pression des dernières prescriptions gouvernementales. La continuité avec le passé est rompue. Ne pouvant plus se nourrir de son passé, la société cesse d'évoluer et son développement est dans l'impasse. "L'homme nouveau" que le programme promeut se réduit à une identité diffuse, à une labilité émotionnelle et à une dépendance extrême vis-à-vis d'autrui. Le héros de "La Maison Pouchkine", présenté comme un cas clinique approfondi, reflète l'immaturité de la société parrainée étroitement par le régime politique en place. Par ironie, on observe que c'est quand le protagoniste devient capable de se regarder d'un oeil critique et d'essayer d'assumer la responsabilité de ses actes que son insertion dans cette société est menacée. |