| Résumé : |
Comme le soulignait l'historien de l'art Daniel Arasse, "l'ancrage de la pulsion artistique dans al pulsion sexuelle était connu de toute l'Antiquité, avant que les théories chrétiennes et "humanistes" de l'art ne viennent occulter et refouler cette réalité première". La trop copieuse associativité proustienne, au-delà de masquer-dévoiler, en les poétisant, les images sexuelles crues, celles-là même qu'il qualifiait "d'inévitables" et qui, sa vie durant, l'auront persécuté, marque en plein l'abîme creusé par l'absence de ceux qui abandonnèrent en mourant le trop lontemps enfant de quatre an, puis l'éternel "jeune homme". Absence qui réveilla douloureusement et extatiquement leur silence sur ses étranges comportements. Le sadisme, recouvert de lourdes mais savoureuses componctions mielleuses, qui se niche au coeur de l'oeuvre ou dans les nombreuses lettres de condoléances de sa correspondance est bien l'érotisation d'un immense chagrin inconsolable autrement. Le chagrin d'être séparé de maman, mais pas forcément pour les raisons d'un malheur (l'emprise maternelle et la distance paternelle), moins les traces d'un paradis intime perdu que celles d'un effondrement dans un petit néant personnel... |