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| Titre : |
Actualisation de la notion de psychoses infantiles dans un dispositif psychothérapique : la place de la honte dans le transfert avec l’enfant aux portes de l’adolescence |
| Titre original : |
A new consideration of the notion of child psychoses in a psychotherapeutic setting: The place of shame in the transference at the threshold of adolescence |
| Type de document : |
texte imprimé |
| Auteurs : |
Stéphane Muths, Auteur ; EVRARD Renaud, Auteur |
| Année de publication : |
2025 |
| Article en page(s) : |
p. 247-259 |
| Langues : |
Français (fre) |
| Mots-clés : |
Honte Médiation thérapeutique Adolescence Psychose infantile Transfert |
| Résumé : |
Objectifs
Nous interrogeons les aspects aliénants et structurants de la honte dans un dispositif psychothérapique. L’enjeu est de situer sa place dans la construction identitaire de la phase de latence à la puberté dans le cas de mouvements psychotiques.
Méthode
Nous prendrons appui sur l’étude de cas d’Augustin, un jeune garçon âgé d’une dizaine d’années qui a pu présenter une problématique d’allure psychotique, avec un repli social, une forme d’agitation psychomotrice, des troubles de la communication sociale et troubles du comportement. Nous avons pu le recevoir durant trois années dans un centre médicopsychologique de psychiatrie infantojuvénile. L’évolution symptomatique, la configuration familiale et les grandes étapes de la prise en charge sont décrites. Nous avons déplié les tenants de ce cas en interprétant les particularités de contact et les mouvements de destructivité comme étant relatifs à une lutte contre l’envahissement psychique par la logique familiale aliénante.
Résultats
Ce travail clinique nous a conduits à repérer des manifestations psychotiques au-delà d’une simple distinction structurelle exclusive. Nous avons pu mettre en lumière la part familiale dans l’expression psychopathologique du cas d’Augustin à partir de la logique paranoïaque du père. Le rapport spécifique au langage se révèle un instrument de la logique transférentielle qui permet une forme de subjectivation du risque d’un envahissement psychique par la honte.
Discussion
Le tableau clinique a nécessité de se dégager de cette logique d’empilement des diagnostics propre aux DSM pour offrir un éclairage autour du fonctionnement psychique avec un réactualisation des troubles psychotiques chez l’enfant et l’adolescent pour ne pas enfermer le cas d’Augustin dans une trajectoire univoque. Il fut nécessaire de se dégager de la tentation de lire dans la configuration familiale les « causes » des troubles de l’enfant, plutôt que certaines de leurs coordonnées. Les médiations thérapeutiques individuelles mises en œuvre ont permis, à partir d’un travail sur les éprouvés et le médium-malléable, de co-construire un espace thérapeutique facilitant l’accès au jeu à partir de la prise en compte du développement de l’affect de honte dans la relation transférentielle.
Conclusion
L’enjeu du dispositif psychothérapique est de pouvoir construire un espace susceptible d’accueillir les mouvements de destructivité de l’objet et d’offrir la possibilité d’une symbolisation des éléments de destruction et d’envahissement issus de la scène familiale et des fragilités moïques propres aux mouvements psychotiques en place. À partir d’une analyse des éléments, le travail psychothérapique a permis une ressaisie des sensations de contamination et d’envahissement du psychisme pour construire une forme de contenance psychique évitant les mouvements de confusion entre soi et l’autre. Le cas d’Augustin met en scène les modulations symptomatiques propres à des éléments psychotiques mettant en lumière les fragilités du contact dans la construction psychique de l’enfant et de l’adolescent. |
| Permalink : |
https://ch-poitiers.fr/opac_css/index.php?lvl=notice_display&id=122715 |
in L'évolution psychiatrique > n°2 (Juin 2025 Vol. 90) . - p. 247-259
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