| Résumé : |
L'intention de cet article est discuter le rapport entre perception et conscience, et de montrer l'intérêt de séparer ces deux notions. L'article exploite une série d'observations cliniques et de résultats expérimentaux, puis examine la manière dont la littérature moderne traite du rapport entre perception et conscience. Depuis plus d'un siècle, les sciences modernes (psychologie, psychologie expérimentale, neuropsychologie) ont prouvé qu'il existe chez l'homme une capacité à appréhender le monde extérieur en marge, et sans doute en avance, de toute conscience. Ainsi peut-on se référer, par ordre chronologique, aux travaux menés dès la fin du xixe siècle sur des sujets hystériques, aux expériences tachiscopiques à partir des années 1920, puis à l'étude du blindsight depuis les années 1970. Confrontée à ces faits, la littérature moderne a dû adopter progressivement la notion de perception inconsciente. Pourtant, et paradoxalement, elle n'a pas renoncé à l'usage classique définissant la perception comme un phénomène conscient. |