| Titre : |
Élever la bizarrerie à la dignité du style. Pour une éthique de l’accompagnement des patients autistes |
| Titre original : |
Elevating oddity to the dignity of style: Towards an ethics of caring for autistic patients |
| Type de document : |
texte imprimé |
| Auteurs : |
Isabelle Orrado, Auteur ; Jean-Michel Vives, Auteur |
| Année de publication : |
2025 |
| Article en page(s) : |
p. 59-69 |
| Langues : |
Français (fre) |
| Mots-clés : |
Autisme Espace Environnement Langage Stimmung |
| Résumé : |
Objectif
Cet article vise à repérer en quoi le dispositif analytique peut conduire un sujet autiste à bricoler une solution qui lui permette de s’inscrire dans le monde.
Méthode
La conceptualisation théorique s’inscrivant dans le champ de la psychanalyse d’orientation lacanienne s’appuie sur les observations cliniques recueillies lors du suivi d’un jeune garçon autiste.
Résultats
Nous soutenons que s’engager dans un travail thérapeutique avec un patient autiste vise à lui offrir un environnement potentiel – que nous distinguons de l’espace potentiel – pour tenter d’élever la bizarrerie qui le marque à la dignité d’un style que l’enfant autiste façonnera et qui lui permettra un certain lien social.
Discussion
Nous qualifions l’espace thérapeutique offert par le dispositif analytique d’environnement potentiel que nous définissons comme les coordonnées de la rencontre mises en place par le clinicien faisant exister une Stimmung à partir de laquelle l’enfant peut expérimenter ses mouvements pulsionnels. La Stimmung est à entendre comme la qualité phénoménologique de l’environnement potentiel incluant tout à la fois accordage, adresse invocante, disposition et atmosphère soit un possible rapport à l’Autre. L’intervention clinique permettrait que dans cet environnement potentiel l’enfant puisse non se représenter – ce qui est le propre de l’espace potentiel – mais se présenter au monde. Il s’agit en effet pour le clinicien de faire exister un Autre qui peut isoler et mettre en circulation une bizarrerie – qui pourrait être considérée comme défaillance – pour la faire advenir comme signe singularisant et l’élever à la dignité de style que l’enfant autiste façonnera.
Conclusion
Le style obtenu correspond à la possibilité d’une position énonciative singulière – inscrire une présence dans le monde en y tempérant le poids du sujet – qui demande toujours dans l’autisme d’en passer par un bricolage qui fasse solution. |
| Permalink : |
https://ch-poitiers.fr/opac_css/index.php?lvl=notice_display&id=122699 |
in L'évolution psychiatrique > n°1 (Mars 2025 Vol. 90) . - p. 59-69