| Résumé : |
La perception d'une douleur physique et le "travail de douleur" qui en découle, liés à la notion de trauma-lésion chez des sujets présentant une dépression essentielle et une pensée opératoire, signent une fixation corporelle à un objet psychiquement non représentable. Cette inacapacité à percevoir et à symboliser, au niveau du "Je", l'affect qu'est la souffrance psychique s'exprime alors par une douleur physique recherchée chez des adolescents borderline par des "techniques" actives comme l'automutilation. Après avoir rappelé les conceptions freudiennes et psychanalytiques sur la douleur, le fonctionnement opératoires et les conduites d'automutilation, les auteurs se réfèreront ainsi à certains travaux sociologiques décrivant les caractéristiques de notre organisation sociale, culturelle et linguistique postmoderne pour souligner l'impact de celle-ci dans l'augmentation des conduites de la perception de la douleur comme signe d'une souffrance mentale impossible à symboliser. Ainsi, force est de constater que la désymbolisation culturelle, la montée en puissance de la pensée opératoire, les désorganisations sociales et familiales, ont un coût réel sur la santé psychique mais aussi somatique chez nos contemporains, particulièrement les plus fragiles d'entre eux comme les adolescents. |