| Résumé : |
Pour l'anthropologie contemporaine, il ne peut y avoir désormais d'étude désincarnée et abstraite d'institutions sociales analysées en soi et pour soi. Elles sont elles-mêmes objet de représentation, mais de plus elles sont étayées par des systèmes conceptuels, congruents avec elles, qui touchent d'autres domaines, et notamment le corps et les affects. L'objet d'analyse est le même que pour les observateurs et les principes mentaux mis en oeuvre sont universels, ce qui induit, au-delà des différences culturelles des convergences entre pensées empiriques entre elles, et entre pensées empiriques et pensées savantes. Pour illustrer le lien entre institutions sociales et représentations du corps, on donne un exemple: celui du rapport entre de larges prohibitions matrimoniales chez les Samo (Burkina Faso) et une représentation abstraite du sang vu comme la recombinaison de souches lignagères différentes à chaque génération. Le choix matrimonial obéissant aux règles se fait entre porteurs de mêmes souches résiduelles, à l'état de traces, qui favorisent par leur présence la comptabilité des sangs de deux conjoints. |