| Résumé : |
L'imprégnation des cathéters veineux centraux (CVC) par des antimicrobiens permet théoriquement de réduire le risque d'infection nosocomiale lié à l'utilisation de ces dispositifs invasifs. L'objectif de ce travail est d'évaluer l'efficacité et la sécurité des CVC imprégnés d'antimicrobiens. Une analyse de la littérature a été réalisée pour recenser les différentes molécules utilisées et suivre l'évolution de critères de jugement principaux (durée de vie du CVC, durée d'hospitalisation, émergence de résistance, tolérance) et secondaires (colonisation, septicémie). Cette évaluation a été limitée aux études randomisées contrôlées (ERC). Vingt ERC décrivent des CVC imprégnés de chlorhexidine et sulfadiazine argentique, sept de minocycline et rifampicine, sept sont couverts d'argent et deux de rifampicine et miconazole. Seize ERC montrent une diminution significative de la colonisation bactérienne des CVC, mais seules neuf mettent en évidence une réduction significative des septicémies. Aucune amélioration des critères principaux n'a été prouvée. Le risque de réaction anaphylactique lié aux CVC imprégnés de chlorhexidine/sulfadiazine argentique est décrit depuis 1998. Il n'existe aucune donnée clinique relative à la tolérance des autres antimicrobiens utilisés. Le risque d'émergence de résistance n'a été évalué qu' in vitro. Ces études, méthodologiquement critiquables, ne permettent pas de valider l'intérêt de ces cathéters dont l'utilisation systématique reste controversée. |