| Résumé : |
Lasthénie de Ferjol, héroïne de la nouvelle Une Histoire sans nom de Barbey d'Aurevilly, jeune fille se vidant de son sang et s'enfermant dans une destructivité qui la mènera à la mort, nous est apparue comme une histoire paradigmatique des problématiques familiales et transgénérationnelles sous-tendues par ces conduites agies dans le corps et non mentalisées. Nous avons fait le lien entre ces troubles du comportement et les conduites anorexiques sévères, à partir d'observations cliniques de patientes présentant les deux troubles, et en notant que ces deux pathologies ont en commun de toucher plus spécifiquement des femmes. Cette nouvelle décrit comment une mère aux prises avec une grande violence pulsionnelle et la destructivité qui acccompagnent une menace d'effondrement mélancolique peut trnasmettre à sa fille cette violence sur un mode infraverbal, puis comment une jeune fille, répétant alors une histoire qui ne lui appartient pas, tente de s'en dégager en ayant recours à l'agir : nous voyons alors comment une conduite mortifère est au départ salvatrice par la différenciation qu'elle permet d'opérer. L'anorexie mentale et le syndrome de Lasthénie de Ferjol nous parraissent des symptômes très proches, le sang versé par les ponctions de sang renvoyant à l'aménorrhée secondaire à la dénutrition. La problématique centrale de ces pathologies de la jeune femme serait pour nous les enjeux et les aléas de la onstitution du féminin, qui passe par l'acceptation de la position passive, la première expérience de passivité étant celle de la relation de l'infans à la mère. |