| Résumé : |
L'histoire de la Psychiatrie est traversée par l'idée de liens étroits qui unissent rêve et folie. Se pose, alors la question de savoir ce qu'est le monde de l'imaginaire, mais aussi ce que devient l'homme rêvant ou délirant. On constate que les descriptions naturalistes -celles de la clinique psychiatrique- malgré leur idéal d'objectivité et d'exactitude, ne permettent pas d'y répondre. Force est donc de se détourner de cette attitude naturelle pour tenter une description phénoménologique. Ce qui conduit à montrer la pauvreté essentielle de l'imaginaire. Pour autant, il ne faudrait pas prendre à la lettre la pensée de Sartre selon laquelle "il n'y a pas de monde imaginaire". En s'appuyant sur les cours de Heidegger des années 1929-1930, on dira plutôt que, sombrant dans l'imaginaire, l'homme est pauvre en monde. De sorte que, en tant qu'être-au-monde, le Dasein est ce qu'est son monde ; l'un s'appauvrissant, l'autre s'évapore avec lui. En cela rêve et délire constituent un rétrécissement existentiel. Pour peu qu'ils durent c'est une véritable catastrophe existentielle dont il s'agit. Il serait illusoire de croire en la préservation de l'intégrité d'une personnalité profonde subsitant au sein d'une quelconque infériorité. Il n'ya pas d'homme inérieur. Il n'ya qu'un être-au-monde. Occasion de mesurer toute la différence entre la Psychiatrie et les autres disciplines médicales. |