| Résumé : |
En reprenant la notion d'identité narrative de Ricoeur à travers deux de ses ouvrages (Temps et Soi-même comme un autre), les auteurs font l'hypothèse que les patients toxicomanes ou avec d'autres conduites addictives auraient besoins, de façon très importante, du secours des récits de fiction et des récits historiques mais aussi de la littérature scientifique théorique ou clinique sur les addictions et la toxicomanie, pour organiser leur vie et la rendre intelligible, pour construire leur identité et en envisager des changements et, enfin, pour saisir une expérience temporelle qui leur échappe. Leur besoin de la littérature serait en rapport, d'une part, avec la multiplicité des approches et des modèles de compréhension de la toxicomanie et des addictions et, d'autre part, avec certaines modalités de leur fonctionnement psychique. Cette littérature spécialisée serait rencontrée le plus souvent indirectement par les interactions avec les différents professionnels et avec les circuits des soins. Elle témoignerait aussi de la quête de sens des professionnels recherchant dans la vie de leurs patients des "points d'ancrage au récit" mettant ainsi en évidence le cercle de la mimèsis, décrit par Ricoeur, entre histoires de vie des patients et histoires cliniques ou modèles théoriques.... |