| Résumé : |
Par la désinstitutionalisation, le réseau sanitaire et social se trouve plus directement confronté aux personnes souffrant de troubles psychiatriques sévères, tels que la schizophrénie ou les troubles bipolaires. De nombreuses personnes sont impliquées, depuis les voisins et les proches, jusqu'aux professionnels du secteur psychiatrique, en passant par le médecin généraliste ou la police. Les attentes contradictoires vis-à-vis des secteurs psychiatriques entre soins, contrôle social et respect des libertés individuelles deviennent difficiles à gérer sans une meilleure coordination des services. Malgré de nombreuses incitations de politique de santé dans plusieurs pays, la mise en place d'une collaboration de réseau et son évaluation restent difficiles. En particulier, la phase initiale d'évaluation des problèmes et de négociation des objectifs du réseau est souvent trop sommaire et nuit au bon développement ultérieur. Le but de cette étude est d'examiner par des méthodes qualitatives les difficultés rencontrées par les acteurs d'un réseau sociosanitaire dans le suivi des troubles psychiatriques dans la communauté avant la mise en place d'une collaboration de réseau. Vingt-cinq entretiens approfondis et six focus groupes ont été réalisés auprès de personnes impliquées dans le suivi de troubles psychiatriques sévères dans le réseau social et sanitaire (généralistes, psychiatres, infirmiers, travailleurs sociaux, police, juge de paix, proches et représentants des patients). L'analyse de contenu a permis de regrouper différents thèmes selon un modèle matriciel 3 * 3 distinguant le niveau du problème identifié (population, institution ou individu) et le domaine considéré (les valeurs, les processus et l'articulation avec l'environnement). Selon cette analyse, les comptes rendus dactylographiés des entretiens ont été segmentés en 1479 propositions et groupés en 52 thèmes. Dix-sept problèmes clés ont été ident |