| Résumé : |
Georges Lantéri-Laura, psychiatre français récemment disparu, a décrit trois paradigmes de l'évolution de la psychiatrie occidentale depuis le XVIIIè siècle : l'aliénation mentale, les maladies mentales et les grandes structures psychopathologiques. On rappelle l'importance que cet auteur attribue à la philosophie, à l'histoire et à l'épistémologie dans sa réflexion sur l'identité, l'évolution et le devenir de la psychiatrie, science clinique avant tout. Son admiration pour l'essor de la sémiologie médicale, des corrélations anatomocliniques et des procédures diagnostiques, au sein de l'Ecole de Paris avec Corvisart, Bouillaud, Laënnec et P. Louis au XIXè siècle est mise en rapport, dans le présent article, avec les travaux de Kupfer, First et Regier, auteurs du Research Agenda forr DSM-V. Ils estiment que le DSM-III et le DSM-IV opacifient la rechervhe étio-pathogénique des maladies mentales et permettent une "réification" des syndromes constitués sur une base statistique, au détriment d'une recherche portant sur l'étiologie des maladies mentales. Une confrontation entre toutes les perspectives de recherche en psychiatrie, dans les neurosciences comme en psychopathologie dynamique, pourrait-elle constituer le quatrième paradigme, la recherche éclectique d'une étiopathogénie des maladies mentales ? |