| Résumé : |
Il peut sembler étrange que le promoteur de la loi de 1838 et de l'asile soit aussi l'homme qui ait introduit en médecine mentale à l'époque moderne et repris à son compte l'utilisation du concept de passion ou faculté affective. C'est oublier qu'Esquirol n'était pas en 1805 le prestigieux inspecteur de l'université et médecin-chef chargé de titres et d'honneurs. Simple officier de santé soignant les aliénés dans une maison privée parisienne ouverte quelques années plus tôt rue Buffon, face au Jardin des Plantes, avec l'appui de Pinel, il n'occupera un poste hospitalier à la Salpétrière qu'en 1812, après avoir exercé un an des fonctions de surveillant libérées par la disparition de Pussin. C'est justement à l'occasion de sa thèse en doctorat en médecine, rédigée à partir de cas individuels observés dans son établissement qu'il nous livre son approche des passions, "Source la plus féconde des désordres physiques et moraux qui affligent l'homme". Ce travail présente une unité et une cohérance interne absentes de son grand traité de 1838. |