| Résumé : |
En prenant trois moments historiques particulièrement significatifs, relatifs à la vision sociale des corps lourdement infirmes, nous saisissons combien nos sociétés et nos cultures éprouvent du mal à les situer en pleine humanité. Surestimés comme des signes divins, dans l'Antiquité, sous-estimés comme des espèces intermédiaires entre l'animalité et l'humanité, chez un philosophe comme John Locke, considérés comme des dégénérés indignes que l'on s'en préoccupe, dans le darwinisme social de la fin du XXè siècle, les corps difformes, défigurés, amputés ou présentant des traits de faiblesse mentale, demeurent aujourd'hui dans une liminalité subtilement cachée. La raison raisonnante n'a pas suffi pour imposer l'absolue dignité de tout être humain, il y fallu une vision spirituelle. |