| Résumé : |
La réponse aux différents problèmes rencontrés à l'adolescence est vécue sous forme de conduite mentalisée et/ou exprimée en conduite agie. L'échec de l'agir peut conduire à l'idée suicidaire et à sa mise en acte. Existe-t-il des facteurs de risque ? Le présent travail avait pour objectif général de décrire les motifs et les moyens suicidaires observés chez les adolescents à Abidjan pour une contribution à leur prise en charge.Matériel et méthodesL'étude prospective, à visée descriptive, a été initiée au service d'hygiène mentale (SHM) de l'Institut national de santé publique d'Abidjan du 1er juin 2005 au 31 octobre 2005 avec pour cadres, les services de réanimation des centres hospitaliers universitaires (CHU) de Cocody, de Treichville et le service des urgences du CHU de Yopougon. Les données sociodémographiques, cliniques, thérapeutiques et évolutives des conduites suicidaires ont été analysées chez 42 sujets.RésultatsIl ressort de l'étude les observations suivantes : une prédominance des problèmes affectifs (52,38 %) contre 38,10 % de conflits familiaux et 7,14 % d'échecs scolaires ; les sujets avaient eu recours à des moyens chimiques dominés par la chloroquine (45,62 %) suivis des psychotropes 14,40 % ; l'acte suicidaire était accompli dans 85,71 % des cas de manière impulsive ; les conduites suicidaires ont eu lieu à domicile sauf un cas dont 66,67 % dans la soirée ; seulement trois adolescents suicidants ont été orientés vers un service de psychiatrie.ConclusionL'étude des conduites suicidaires des adolescents a révélé des difficultés au niveau de l'assistance des adolescents suicidants. L'espoir serait, après la levée de l'urgence vitale, l'orientation d'emblée des adolescents suicidants dans les structures psychiatriques. Cette situation plaide en faveur d'une insertion plus large de la psychiatrie dans les structures sanitaires en Côte d'Ivoire. |