| Résumé : |
Les écrits de patients suscitent un intérêt soutenu chez les aliénistes dès le XIXè siècle. La publication des textes asilaires fait parler le fou en son absence, qu'il soit aliéné, suicidé ou criminel et le rend présent dans le discours où l'étude le saisit. La correspondance inédite d'E. Nogarède, écrite entre 1927 et 1951 à l'asile dans le cadre des relations à ses médecins, ainsi que diverses publications scientifiques sur le langage des aliénés, permettent de dégager ici quelques spécificités. D'une part, il existe une conscience et une compétence verbale de la malade qui trouve les mots de sa folie (la nosognosie du fou) et qui invente son propre langage (les néologismes); d'autre part, l'interaction entre ce savoir de l'aliéné et celui des médecins génère un double mouvement : la reconnaissance des capacités littéraires du malade par le médecin et l'apport de nouvelles données cliniques sur le langage des aliénés, qui, en retour, alimentent les publications médicales et scientifiques. |