| Résumé : |
Cet article repose sur quelques fondements essentiels de la phénoménologie de Husserl. Il s'agit de montrer que la structure de l'intentionnalité délirante est abordable, en psychopathologie, en tant qu'elle vise une objectivité théorique solipsiste et privée. Tout effort du thérapeute, en tant qu'Autrui-Support, consiste à accueillir cette forme particulière de théorisation délirante pour en faire partage, dans l'intersubjectivité, avec le patient. Pour ce faire, le thérapeute est conduit à s'interroger sur la genèse de sa propre visée, donc de son action, sur la base même où l'autrui psychotique, dans la singularité humaine de la visée et de son action, vise et agit le monde donc le thérapeute lui-même qui, dès lors, se trouve inclus comme élément cardinal de référence. Pour cela, il est nécessaire de prendre en compte les énoncés husserliens concernant la temporalisation (temps constituant/temps constitué), la dialectique entre genèse passive et genèse active, les concepts, décisifs dans notre discipline, d'intentionnalité d'horizon, intentionnalité enchâssée dans la corporéité elle-même immergée dans ce que Husserl a décrit comme "Monde de la Vie"...... |