| Résumé : |
La morbidité psychiatrique de la population pénale est importante et en augmentation : les études européennes en témoignent. Les soins psychiatriques délivrés aux personnes détenues se sont très nettement améliorés ces dix dernières années mais insuffisamment au regard de l'ampleur des besoins. La question de l'hospitalisation psychiatrique est devenue particulièrement cruciale. Le dispositif de soins du secteur de psychiatrie en milieu pénitentiaire va évoluer vers une intensification et une diversification des soins ambulatoires dans l'ensemble des établissements pénitentiaires et la création d'unité d'hospitalisation spécialement aménagées pour l'hospitalisation psychiatrique, libre et sous contrainte, des personnes détenues. Pour autant, c'est l'articulation effective avec l'amont et l'aval de l'incarcération qui validera la pertinence éthique des outils mis en place ; sans quoi, la criminilisation des troubles mentaux aidant, se constituera à terme une filière ségrégative. |