| Résumé : |
Bénédict-Augustin Morel est le père de la théorie de la dégénérescence, de la "démence précoce" et "du délire émotif", trois concepts qui, à la charnière des XIXè et XXè siècles, permirent aux aliénistes français de s'opposer aux Nervenärzt allemands. Tentant d'expliquer par une étiopathogénie unique la "dégénérescence héréditaire", l'unicité de l'aliénation mentale, malgré ses multiples visages symptomatiques de gravité croissante, la théorie de la dégénérescence plonge en fait ses racines, moins dans les théories psychiatriques du XIXè siècle que, d'une part dans la pensée de Saint Augustin et de Rousseau, dans les courants chrétiens et sociaux démocratiques de la Révolution de 1848 d'autre part. Elle pourra ainsi s'épanouir sous le Second Empire et influencer tant Magnan, Krafft-Ebing, Galton ou Lombroso que Zola. |